samedi 30 août 2008

Comparaison du prix de l’essence entre Montréal et Paris

J’aimerais bien qu’à chaque nouvelle hausse du prix de l’essence, on cesse de réconforter les consommateurs en leur disant que l’essence est encore beaucoup moins dispendieuse au Canada qu’en Europe.

Le 30 août à Paris, on trouvait de l’essence ordinaire (SP95) à 1,399 € le litre (Ministère français de l’économie) alors que le 29 août à Montréal, le prix du même carburant variait entre 1,389 $ et 1,394 $ (Régie de l’énergie du Québec).

En utilisant le taux de conversion en vigueur le 30 août 2008, soit 1,5996 dollar pour 1 euro (Banque Royale du Canada), certains pourraient affirmer que le prix à Paris est en réalité de 2,24 $; cette façon de calculer est complètement erronée et induit les gens en erreur.

Ce 2,24 $ est seulement valable pour un Canadien de passage à Paris qui, payé en dollars canadiens, achète de l’essence pour une voiture de location. Les Français eux sont payés en euros; 1,40 € est pour eux ce qu’est pour nous 1,40 $.

Autrement dit, le prix de l’essence est exactement le même à Paris et Montréal, si on excepte les variations journalières qui exaspèrent tant les Montréalais.

jeudi 3 juillet 2008

Supermarchés : du jeudi au mercredi

Depuis quelques semaines, nous consommateurs avons dû modifier nos habitudes pour l’achat de produits alimentaires; les circulaires détaillant les soldes sont maintenant valides du jeudi au mercredi plutôt que du lundi au dimanche, comme c’était le cas depuis aussi longtemps que la plupart d’entre nous se souviennent. Les Compagnies Loblaw limitée, propriétaire des chaînes Provigo, Maxi et Loblaws, ont été les premières à effectuer ce changement; elles ont été suivies de près par IGA, qui planifiait aussi ce changement depuis quelques mois, et par Métro.

Voici la justification qu’a confiée à La Presse Josée Bédard, directrice aux affaires corporatives chez Provigo :

« Elle [Josée Bédard] croit qu'il [ce changement] permettra de mieux répondre aux besoins de la clientèle qui est plus nombreuse à faire ses emplettes les vendredi, samedi et dimanche. De plus, Mme Bédard estime que puisque la grande majorité des clients font leurs achats le week-end, ils auront d'avantage en tête les offres de bas prix. Elle est confiante que les consommateurs vont apprécier de recevoir ces offres avant la fin de semaine de façon à pouvoir mieux planifier leurs achats. »

Telle n’est pas l’opinion de Maurice Guertin, analyste chez Saine Marketing. Celui-ci « doute que la réaction spontanée des consommateurs à ces changements soit positive. Il cite les résultats de plusieurs sondages indiquant que les gens aiment bien lire les circulaires dans la quiétude de la fin de semaine. » (La Presse)

J’abonde dans le sens de Monsieur Guertin; outre les sondages cités, ma connaissance du comportement humain me porte à croire que le consommateur n’aime pas modifier sans raison ses habitudes, encore moins se faire imposer un changement. De plus, à mon avis, les raisons citées ci-dessus ne justifient en rien cette nouvelle pratique. Bien au contraire.

S’il est exact qu’une majorité d’entre nous font leurs achats alimentaires le vendredi soir, le samedi et le dimanche, il est tout aussi vrai que la plupart d’entre nous ont toujours aimé recevoir les circulaires le samedi, pour les consulter en toute quiétude le dimanche et planifier ensuite les achats de la semaine. Plusieurs profitaient même du dernier jour, le dimanche, pour acheter les produits qui ne seront plus en solde la semaine suivante ou reportaient l’achat d’un produit, sachant qu’il serait en solde le lendemain. Je m'interroge : le véritable justificatif de ce changement pourrait-il être de mettre fin à ces tactiques du consommateur?

En outre, le circuit de distribution des circulaires était très bien rodé pour le samedi, ce qui ne semble pas être le cas pour le nouvel horaire, du moins dans ma région; nous n’avons jamais reçu les circulaires le mercredi, les recevons rarement le jeudi, quelquefois le vendredi voire le samedi… parfois même pas du tout. Ce n’est peut-être pas la norme partout. Cela dit, même en supposant que nous les recevions le mercredi, qui a le temps de consulter les circulaires un soir de semaine, compte tenu du rythme effréné que nous impose notre vie professionnelle? Comment planifier judicieusement nos achats? C’est pourtant un impératif, surtout dans un contexte où le prix des denrées alimentaires augmente, entre autres à cause du prix élevé des carburants.

À vrai dire, certains employés nous ont même confiés qu’ils détestaient eux aussi cette nouvelle façon de faire. D’autres nous ont simplement dit de nous habituer, puisque de toute façon tous les supermarchés adoptaient cette nouvelle pratique, une preuve de plus que, de nos jours, la courtoisie envers la clientèle est déficiente dans plusieurs commerces; issu de l’école pour qui le client est roi et la courtoisie de rigueur, j’essaie d’éviter ces endroits le plus possible et vous invite aussi à le faire, car c’est la meilleure façon de forcer un changement.

Dans le but de confirmer, ou d’infirmer, mon intuition, je vous invite à répondre à mon minisondage du jour et, si vous le désirez, à me transmettre vos commentaires à l’adresse suivante : duguay.benoit@gmail.com

samedi 28 juin 2008

Attentes et déménagement

Ce matin, j’ai eu le plaisir d’être l’invité de l'animateur Louis Lemieux à l'émission « RDI en direct ». À 7h15, lui et moi avons fait un parallèle entre les phénomènes de la consommation et du déménagement. À 8h15, j’ai commenté quelques thèmes de l'actualité, entre autres l’augmentation du prix du pétrole. J'ai en particulier souligné l'impact négatif de cette flambée sur la baisse du prix des maisons de grand prix en banlieue éloignée et le coût accru d'un déménagement. J'ai par ailleurs mentionné un possible impact positif sur l’industrie manufacturière canadienne. Vous pouvez visionner ces entrevues sur le site Web de « RDI en direct ».

J’aimerais revenir sur l’entrevue de 7h15, pendant laquelle j’ai exposé comment une théorie que j’ai mise de l’avant, celle des attentes nous aide comprendre ce que les gens recherchent en déménageant. D’inspiration psychosociologique, la notion d’attente permet une analyse détaillée du comportement humain, entre autres des éléments qui préoccupent les gens dans une prise de décision, par exemple leurs exigences par rapport à l’achat d’un produit… ou les raisons réelles qui motivent un déménagement, sujet de l’entrevue d’aujourd’hui. Cette représentation graphique du concept d’attentes que je désigne sous le vocable « Anneau des attentes » (format PDF), vous permettra d’en mieux comprendre toute la complexité.

Pour chaque catégorie d’attentes, je vais maintenant expliquer certaines des choses qui peuvent pousser les gens à vouloir déménager :

  • Pour disposer d’un logement plus grand après la naissance d’un enfant (attente fonctionnelle).
  • Pour habiter un quartier plus huppé ou une maison plus grosse, donc plus prestigieuse (attentes symboliques).
  • Pour rehausser l’image d’un bon père, ou d’une bonne mère, qui procure un meilleur milieu de vie à sa famille (attente imaginaire).
  • Simplement pour le plaisir de changer de milieu de vie (attente sensorielle).
  • Pour avoir à payer un loyer moins dispendieux (attente financière).
  • Pour se rapprocher d’une personne chère (attente relationnelle).
  • Pour habiter dans un milieu de vie plus sain (attente sociétale).
  • Pour la beauté de l’aménagement urbain d’un quartier ou d’une ville, ou la beauté des paysages dans un milieu plus rural (attente esthétique).
  • Pour habiter une région, une ville, un arrondissement ou un village, dans lequel l’administration locale tient le citoyen particulièrement bien informé (attente informationnelle).
  • Pour satisfaire l’immédiateté dans la satisfaction d’un désir lié à une autre attente ou pour réduire le temps de déplacement entre la maison et le travail (attentes temporelles).

mardi 10 juin 2008

Pétrole et spéculation

Je m’excuse pour mon silence prolongé; j’ai été absorbé par la rédaction de deux chapitres dans des livres collectifs, le lancement de Consommation et luxe en France et la préparation d’un troisième ouvrage, Consommation et technologie, dont la sortie est prévue à l’hiver 2009.

Ce matin, avant d’entreprendre mes autres obligations, la hausse du prix de l’essence à 1,51 $ le litre à Montréal hier m’oblige à écrire cette courte rubrique pour dénoncer avec la plus grande vigueur une pratique financière très répandue, la spéculation. Pour ce faire, je vais citer un passage de Consommation et luxe (p. 51) :

« Ce qu’il faut condamner, c’est l’avarice, la cupidité, la rapacité de quelques-uns, qui se manifestent par une spéculation outrancière. La crise financière que tous les pays ont vécue en août 2007 est attribuable à la spéculation sur des prêts à haut risque consentis par certaines sociétés aux États-Unis. C’est la spéculation qui, directement ou indirectement, est responsable de certaines, je n’ose pas dire toutes, des grandes crises qu’a connues l’humanité et de la mauvaise réputation qu’on a faite au capitalisme : “Plus tard, et plus destructrices pour la réputation du capitalisme aux États-Unis, on a eu la spéculation immobilière visiblement aberrante en Floride, la montée de l’influence corporative et industrielle et, la plus importante, l’explosion du marché boursier de la fin des années 1920. Sont alors survenus le krach de 1929 qui a retenti à travers le monde puis, pendant dix longues années, la grande dépression.” (K. Galbraith, The Economics of Innocent Fraud, Boston, Houghton Mifflin Company, 2004, p. 5 et 6.) » À cette liste de calamités, j’ajoute la crise alimentaire actuelle, vécue par les populations dont l’alimentation repose sur le riz, causée par la spéculation sur cette denrée essentielle.

Je poursuis avec cet autre passage d’un entretien avec Giovanni Calabrese, sur le thème Consommation et luxe, publié par les éditions Liber dans leur dernier bulletin (no 11, mai 2008) :

« La spéculation, la recherche de profits rapides et excessifs, est la plaie des pays dont le système économique et social repose sur le capitalisme. Mais cela n’est pas inéluctable dans un système de libre entreprise. La cupidité n’est pas exclusive au capitalisme — elle se manifeste dans tous les systèmes socioéconomiques —; il peut, en fait, il doit exister sans elle. »

Avec d’autres personnes, je réfléchi actuellement aux actions que les gouvernements les entreprises, les regroupements de consommateurs, le consommateur lui-même et d’autres acteurs pourraient entreprendre pour mettre fin à ce fléau; vraisemblablement en 2010, je publierai dans un livre les résultats de ces réflexions.

Si vous avez des suggestions, vous pouvez me les communiquer soit dans un commentaire sur ce blog, soit dans un message plus personnel en utilisant l’adresse email accessible dans mon profil. Soyez assuré que, si vos idées sont originales, c’est-à-dire qu’elles ne n’ont pas déjà été explorées par le groupe de réflexion, et qu’elles sont jugées dignes d’intérêt, vous serez cité comme en étant l’auteur, si vous le souhaitez évidemment.

jeudi 10 avril 2008

Les problèmes de la société de consommation

Les problèmes liés à la consommation ne résident pas dans la forme ou la nature du commerce, mais l’usage qui en est fait. Si je peux me permettre une analogie, les casinos sont également des lieux de plaisir, mais le jeu compulsif est un phénomène coûteux sur le plan personnel et social. Doit-on pour autant abolir les casinos? Ne n’est-il pas préférable de soigner les joueurs compulsifs?

Par ailleurs, comme je le démontre dans « Consommation et image de soi, Dis-moi ce que tu achètes… », il existe un lien très étroit entre l’image des produits et l’image de soi. Or, si on crée une image autour des nouveaux centres commerciaux, les problèmes ne sont pas non plus simplement liés aux symbolismes de la consommation. Dans « Consommation et luxe, La voie de l’excès et de l’illusion », je souligne que cette interrelation existe depuis des millénaires.

Évoquant les travaux de Sahlins, voici qu'écrit Lipovetsky, au sujet des chasseurs-cueilleurs du paléolithique : « Leurs habitations comme leurs habillements sont rustiques, leurs ustensiles peu nombreux. Mais s’ils ne fabriquent pas de biens de grande valeur, cela ne les empêche pas, à l’occasion des fêtes, de se parer et d’admirer la beauté de leurs ornements. » (G. Lipovetsky et É. Roux, Le luxe éternel. De l’âge du sacré au temps des marques, Paris, Gallimard, 2003, p. 22. Voir aussi M. Sahlins, Âge de pierre, âge d’abondance, Paris, Gallimard, 1976).

L’image de soi a dominé la consommation dans les vingt dernières années du XXe siècle. Au tournant du siècle, le plaisir pour soi est venu s’ajouter à ce désir de paraître; pensons au fameux « Je le vaux bien de L'Oréal ». Cet hédonisme a favorisé l’émergence de nouvelles formes de commerces.

Peut-on reprocher aux gens de vouloir se faire plaisir? Je ne crois pas.

Par contre, s’il est justifié d’aspirer au bonheur et de satisfaire en partie cette aspiration par la consommation, il est déplorable de ne pas rechercher également sa réalisation personnelle dans quelque chose de plus grand.

Peut-on reprocher aux gens de vouloir soigner leur image? Je ne crois pas non plus.

Par contre, s’il est normal de vouloir soigner son image, il est malsain d’utiliser la consommation comme forme de compensation à une image de soi négative ou à une estime de soi faible.

En somme, ce qui ne va pas avec la consommation, ce n’est ni le commerce ou ses différentes formes, tels les Mégas centres commerciaux, ni le fait même de consommer; ce sont les excès liés à la société d’hyperconsommation et les valeurs égoïstes sous-jacentes à cette dernière.

Tout est dans la recherche d’une juste mesure.

mardi 1 avril 2008

La consommation et le commerce sont essentiels

Par mes écrits et mes prises de position publiques, je critique plusieurs aspects de la consommation, en particulier les excès du côté du consommateur et la spéculation du côté des vendeurs. Par contre, je ne suis d’aucune façon contre la consommation et je ne prêche surtout pas pour le dénuement ou la simplicité volontaire pure et dure. Ces solutions sont tellement extrémistes qu’elles ne peuvent que rebuter la plupart des consommateurs… plutôt que de les inciter à consommer plus raisonnablement.

Je pense bien au contraire que, sous réserve de pratiques responsables de part et d’autre, la consommation et le commerce sont essentiels, et ce, sur deux plans. Ils sont tout d’abord indispensables sur le plan économique. En fait, la forte consommation intérieure est ce qui a jusqu’à présent sauvé le Canada de la récession qui sévit aux États-Unis depuis l’été 2007. Selon le Conference Board, le consommateur sauve la mise; c’est d’ailleurs le titre d’un article signé par le journaliste Stéphane Paquet le mercredi 12 mars dans La Presse.

La consommation est tout aussi nécessaire sur le plan humain. Tout le monde veut se faire plaisir, consommer, acquérir des objets et se payer des services qui agrémentent la vie, qui dépassent même parfois le strict nécessaire.

Dans mon plus récent ouvrage, « Consommation et luxe, La voie de l’excès et de l’illusion », je souligne d’ailleurs le caractère essentiel, universel et anthropologique de la consommation de luxe, appuyant notamment mes propos sur Shakespeare et Lipovetsky.

Le commerce et la consommation ont été un élément essentiel du développement humain; ils existent depuis des millénaires. Il serait utopique de vouloir mettre fin à ces activités au XXIe siècle.

Le shopping center est apparu dans les années 1950. À l’instar du réseau autoroutier, la migration des populations vers la banlieue a rendu essentielle la construction de ce nouveau mode de distribution : le centre commercial. Les Mégas centres commerciaux ne sont qu’une évolution du commerce; ce sont de plus en plus des lieux à la fois de nécessité et de plaisir. À preuve le Dix 30 ne veut-il pas ouvrir une Méga clinique privée de soins de santé, ce que plusieurs au Québec estiment être une nécessité. Par ailleurs, leur offre commerciale dépasse largement la fonction commerciale traditionnelle; on appelle cette nouvelle formule commerciale des centres « style de vie » (Life Style Shopping center).

Au Quartier Dix30, le plus gros centre «style de vie » au Canada, on recrée l’illusion de la rue principale des villages d’antan, artère qui avait pour principale vocation d’être fonctionnelle, car elle regroupait au même endroit les commerces dont les gens avaient besoin. La principale fonction de ces nouveaux centres commerciaux est d’être symboliques, de vous faire vivre une expérience sensorielle.

Hormis la « rue principale » et le théâtre, bien d’autres centres commerciaux incorporent tous les autres éléments du Dix30 : stationnements extérieurs et intérieurs gratuits, variété de restaurants, cinémas, etc. À quoi donc le concept de « centre commercial style de vie» tient-il ? Comme pour un parfum ou un restaurant de luxe, c’est le packaging, le conditionnement en quelque sorte, et l’axe de communication qui font le produit.

Positionner et vendre le Dix30 comme un centre de divertissement, d’amusement, s’inscrit dans la logique d’achat-plaisir de Lipovetsky : « De nos jours, même la consommation des biens matériels tend à basculer dans une logique expérientielle, le shopping en général baignant dans une atmosphère hédonistique et récréative» (G. Lipovetsky, Le bonheur paradoxal. Essai sur la société d’hyperconsommation, Paris, Gallimard, 2006, p. 60).

Certains diront que les artisans de ce projet ne font qu’encourager la consommation, et ils auront raison. Cela dit, nous ne sommes pas des victimes, mais des complices de la société de consommation ; il n’en tient qu’à nous de consommer mieux et moins. Par ailleurs, ces promoteurs contribuent à faire un peu rêver les gens, dans un monde qui en a bien besoin; le Dix30, ce n’est pas un centre commercial, c’est un centre récréotouristique dans lequel riches et moins riches peuvent trouver leur compte.

Le comportement d’achat dans les Mégas centres commerciaux de type ouvert n’est pas du tout le même que dans un centre commercial traditionnel de type fermé. Le second favorise le shopping, le fait de déambuler, souvent sans avoir d’achat précis en tête, voire la marche de santé, car certains clubs de marche y pratiquent cette activité à la mauvaise saison. Les personnes qui fréquentent ces lieux affirment en tirer du plaisir; ils vont même s’arrêter prendre un café à l’une ou l’autre des terrasses intérieures que l’on retrouve dans ces lieux. Certains citadins n’arrivent pas à comprendre ce plaisir; quant à moi, je ne vois pas de différence entre le fait de prendre un café et d’échanger avec les gens dans ces endroits, ou dans un des nombreux cafés qu’on retrouve à Montréal.

On retrouve ce même comportement sur la « rue principale » d’un Life Style Shopping center tel le Dix30. Par contre, le comportement change radicalement dans les commerces éloignés de ce point central. Les gens qui vont dans ces commerces ont souvent un achat précis en tête; ils ont fait leur choix d’article et de point de vente sur internet ou dans un feuillet publicitaire et se rendent directement au commerce sélectionné, y font leur achat et quittent ensuite souvent le centre commercial.

Dans les grandes villes comme Montréal, le commerce c’est plutôt développé de façon linéaire, la rue Ste-Catherine par exemple; à l’instar du centre commercial, ces rues marchandes se sont parfois même couvertes pour permettre au consommateur de faire son shopping à l’abri des intempéries, par exemple la rue St-Hubert. Plus récemment, on a même vu se créer à Montréal des espaces commerciaux souterrains, le Montréal intérieur.

Considérez cette carte du Montréal intérieur.

Selon l’Observatoire de la Ville intérieure, « La ville intérieure est un ensemble d'immeubles connectés par des liens piétonniers protégés, appartenant à plusieurs propriétaires, offrant une diversité de fonctions, notamment du transport collectif, du commerce de détail, des espaces à bureaux et des activités de divertissement, et disposant d'ententes avec les autorités locales pour l'occupation du domaine public. » Au 31 décembre 2004, le Montréal intérieur comptait déjà 1 366 commerces de tous genres et 477 restaurants de toutes catégories.

Quelle différence existe-t-il vraiment entre le Montréal intérieur, la Plaza St-Hubert, la rue Ste-Catherine que l’on veut rendre piétonnière à l’été 2008 et le Quartier Dix 30? La réponse est simple : AUCUNE!

Pourquoi dès lors jeter l’anathème sur les centres commerciaux?