dimanche 22 mars 2009

Une formule mathématique à l’origine de la crise

Je l’ai écrit dans ma chronique du 25 novembre 2008, « L’éclatement de la bulle de consommation », la crise mondiale actuelle est attribuable à un endettement excessif du consommateur, une conséquence de l’hyperconsommation. Cela dit, pour qu’il y ait des emprunteurs, il doit y avoir également des prêteurs; la cupidité de ces derniers a fortement contribué à exacerber la crise.

Sur le plan financier, c’est le marché obligataire qui est à l’origine de la crise financière. Il faut bien comprendre que le rendement des obligations, comme celui de tous les produits financiers d’ailleurs, est fonction du risque; plus le risque de défaut de l’emprunteur est élevé, plus l’intérêt qu’on exigera de lui est élevé. Ce risque, on l’évalue à l’aide d’une échelle de notation. Pour illustrer mon propos, voici celle de Standard & Poor : AAA, AA, A, BBB, BB, B, CCC, CC, C, D. Une obligation obtenant une note inférieure à BBB est considérée un produit financier spéculatif, donc fortement risqué; son rendement est toutefois beaucoup plus élevé que celui d’une obligation notée AAA.

Par exemple, les Bons du trésor du Canada sont notés AAA, mais leur rendement est actuellement inférieur à 1%. À l’inverse, DBRS a récemment attribué la note BB à certains certificats hypothécaires de Citigroup.

Or, si l’attribution de la note a historiquement été fonction de critères objectifs, telles la garantie du gouvernement du Canada ou encore les données réelles des défauts de paiement, David X. Li, un statisticien gradué de l’Université de Waterloo, a conçu un modèle mathématique pour évaluer le risque plus rapidement et plus facilement. Sa formule est fondée sur la corrélation entre différents véhicules financiers afin d’en évaluer le risque mathématique de défaut; elle a permis d’attribuer la note AAA à un nouveau produit financier, le « collaterized debt obligation » (CDO) ou « obligation adossée à des actifs », tel le maintenant tristement célèbre Papier commercial adossé à des actifs (PCAA), acheté par plusieurs banques et par la Caisse de dépôt du Québec, dont la valeur a fondu comme neige au soleil.

Sans entrer dans les détails trop techniques, voici comment fonctionne la formule de David X. Li. Elle calcule la corrélation qui existe entre différents actifs financiers, souvent des « credit default swaps » (CDS), un produit dérivé financier destiné à protéger un investisseur contre un défaut de paiement. Plutôt que d’utiliser les données réelles des défauts de paiement, la formule de Li utilise l’historique du prix des « swaps » (CDS), facilitant et accélérant l’analyse de risque.

Forts de cette connaissance, même si cette dernière était superficielle, les organismes financiers se sont empressés de regrouper au sein d’une même obligation adossée à des actifs, des « swaps » (CDS) entre lesquels la corrélation était négative. Par exemple, des hypothèques provenant de régions très différentes, tels le Québec et la Colombie-Britannique. Leur raisonnement était le suivant : les chances que le marché hypothécaire s’écroule simultanément dans ces deux régions sont très petites, donc l’obligation résultante est sécuritaire.

Comme nous le constatons maintenant, de tenir pour acquise la permanence de la corrélation négative était une fausse prémisse qui faisait croire à une conséquence tout aussi erronée, la grande sécurité de l’obligation résultante.

Ceci a eu pour résultat d’attribuer la note AAA, une note historiquement attribuée à des placements garantis par le gouvernement, à des obligations adossées à des actifs corporatifs, à des prêts bancaires ou à des titres hypothécaires, sans que la valeur réelle et la sécurité de ces actifs soient vraiment vérifiées et démontrées.

L’astuce a bien fonctionné pendant quelques années, faisant augmenter le marché des « swaps » (CDS) de 920 $ milliards en 2001 à 62 $ trillions en 2007. Quant à celui des obligations adossées à des actifs, il est passé de 275 $ milliards en 2000 à 4,7 $ trillions en 2006.

Deux facteurs ont perturbé le modèle : une augmentation phénoménale du prix des maisons et le fait que les données concernant l’historique du prix des « swaps » (CDS) étaient réparties sur une période beaucoup trop courte, seulement 10 ans. Même si en 2005 plusieurs personnes ont formulé des mises en garde sur l’utilisation de cette formule mathématique, dont David X. Li lui-même, la plupart des grands investisseurs n’ont pas écouté, séduits par les profits mirobolants qu’ils récoltaient à l’époque.

Les leçons à tirer de cet épisode sont très simples :

  • Dans le monde de la finance, il n’y a pas de profit élevé sans risque élevé; si le rendement vous paraît trop beau pour être vrai, c’est qu’il y a anguille sous roche.
  • Très peu de financiers comprenaient la formule de David X Li; quelques-uns se sont abstenus d’acheter les produits financiers qui en résultaient, mais la plupart en ont acheté sans comprendre. Si vous ne comprenez pas ce dans quoi vous investissez, abstenez-vous! Il n’y a pas de honte à avouer les limites de ses connaissances, surtout dans des spécialités aussi pointues.

Je conclus en répétant ce que je dis depuis longtemps déjà : le capitalisme doit être réformé. On doit en évacuer la spéculation et les autres pratiques fondées sur la cupidité, la recherche rapide et excessive du profit.

Les personnes qui souhaitent obtenir plus de détails techniques sur ce sujet peuvent consulter l’article « Recipe for Disaster: The Formula That Killed Wall Street », qui a inspiré cette chronique.

Je remercie mon ami Serge Lamarche, conseiller financier à la Financière Banque Nationale, de sa précieuse collaboration pour la rédaction de cet article.

mardi 10 février 2009

La technologie et la société de consommation

À l’automne 2009, je publierai le troisième ouvrage de mon anthologie sur la consommation, initialement prévu pour l’hiver 2009. Dans le premier, Consommation et image de soi, publié en 2005, je me penche sur le lien entre l’image des produits et l’image de soi et sur le rôle compensatoire que joue la consommation pour certaines personnes dont l’estime de soi est faible. J’initie également l’étude de l’acte de consommer, non plus en fonction de besoins innés, une approche aussi fausse que stérile, mais en fonction d’attentes précises qu’a le consommateur vis-à-vis des produits qu’il possède ou souhaite acquérir. Le second, Consommation et luxe, publié en 2007, explique pourquoi nous assistons à une montée du luxe dans les sociétés occidentales et démontre en quoi cette quête du luxe est chimérique, et dans bien des cas dévastatrice, tout autant pour le consommateur en quête de bonheur que pour le producteur qui se laisse séduire par des marges de profit, alléchantes certes, mais trop souvent illusoires. J’y complète la théorisation des attentes que j’organise en dix catégories bien distinctes en fonction des tendances lourdes observées, en particulier celles ayant trait aux produits de luxe. Dans le troisième ouvrage, Consommation et technologie, j’analyse l’impact de la technologie sur l’évolution de nos sociétés, en particulier sur son rôle dans l’émergence d’une société qu’il est maintenant convenu de qualifier d’hyperconsommation.

Commençons par définir ce qu’est la technologie. L’Encyclopaedia Britannica la définit comme « l'application de la connaissance scientifique aux fins pratiques de l’existence humaine ou, comme il se dit parfois, à la modification et la manipulation de l'environnement humain. » Cette courte définition nous laisse deviner que, contrairement à ce qu’en pensent certains, la technologie n’est pas l’apanage de notre société moderne. Le développement technologique n’a pas attendu le XXIe siècle, ni même le XXe, pour faire son apparition; il y a 35 000 ans, l’homme de Cro-Magnon fabriquait des outils et des armes avec du silex, de l’os et d’autres matières premières et les utilisait pour assurer sa survie dans un environnement hostile.


En fait, quelle serait votre réponse si je vous demandais quelle est la plus grande invention de tous les temps? La réponse exacte est…le feu. « Le feu? », diront certains, plus éblouis par le plus récent iPhone que par une vulgaire allumette. Eh bien oui, car sans le feu, aucune des technologies que nous utilisons quotidiennement aujourd’hui n’aurait pu voir le jour. Toujours dans l’Encyclopaedia Britannica, on mentionne que le feu « est un des outils essentiels de la race humaine, dont la maîtrise a contribué à son cheminement vers la civilisation. » Découverte que l’on peut qualifier d’accidentelle, car de nombreux archéologues pensent qu’à l’époque de la préhistoire les premiers hommes ont d’abord utilisé un feu allumé par la foudre, puis appris à l’entretenir et le circonscrire. Les premières techniques rudimentaires pour démarrer un feu ne sont venues que plus tard : percussion d’un silex sur une marcassite, un minéral commun, et friction de deux morceaux de bois.

Le feu de bois a entre autres a minima permis à nos lointains ancêtres de se chauffer, donc de survivre à des températures plus basses et même de migrer vers des régions plus froides, de cuire ou sécher la nourriture, donc de la préserver, constituant ainsi des réserves pour les temps de disette ou pour des déplacements, à tenir en respect les animaux sauvages, donc de se protéger, et de s’éclairer, donc de prolonger le temps consacré au travail. Le feu a même été un instrument de socialisation, puisque « le "foyer" est un lieu où l'on se retrouve pour communiquer, parler, écouter, partager » (site Web Nethistoire).

dimanche 1 février 2009

Les taux d’intérêt sur les comptes CELI

Le vendredi 23 janvier 2009, dans la chronique « Le petit épargnant est-il moins important que l’investisseur? », je me penchais sur les taux d’intérêt consentis aux épargnants pour les comptes d’épargne. Aujourd’hui, je compare les taux d’intérêt payés par les six grandes banques canadiennes et deux banques étrangères opérant sur Internet au Canada, sur les comptes d’épargne libres d’impôts (CELI). Ce type de compte peut être ouvert comme un simple compte d’épargne, mais on peut également y placer des certificats de placement garantis (CPG), des obligations, des actions et d’autres types de placements. Mon analyse se limitera au compte d’épargne traditionnel et au CPG, pour un montant inférieur à 5000 $, sur un horizon de moins de 18 mois.
Sous réserve d’une erreur ou d’une omission toujours possible de ma part, les taux cités sont les plus élevés que j’ai pu trouver, vérifiés sur les sites Internet respectifs le dimanche 1er février 2009 avant 9h :

  • Banque CIBC (compte : 2,500 % - CPG 24 mois : 3,000 %)
  • Banque de Montréal (compte : 3,000 % - CPG 18 mois : 1,250 %)
  • Banque Nationale (compte : 0,250 % - CPG 24 mois : 1,600 %)
    Banque Royale (compte : 2,500 % - CPG 24 mois : 2,250 % [intérêts non composés annuellement])
  • Banque Scotia (compte : 2,600 % - CPG à taux ascendant 24 mois : 2,750 %)
  • Banque TD (compte : 2,500 % - CPG 1+1 24 mois : 2,989 % [rendement annuel réel])
  • Banque HSBC Direct (compte : 2,500 % - CPG : sans objet chez HSBC Direct car offert seulement dans les succursales HSBC selon mon interprétation des informations disponibles sur Internet)
  • Banque ING Direct (compte : 3,000 % - CPG 24 mois : 3,000 %)
Comme vous pouvez le constater, il existe des écarts importants entre les différents organismes financiers. En définitive, le choix d’un organisme financier plutôt qu’un autre peut reposer sur le rendement obtenu; lorsque l’écart entre plusieurs organismes est faible, votre confort avec l’organisme lui-même et la confiance que vous inspire le conseiller financier avec lequel vous transigez sont des éléments qui peuvent également guider votre choix.

vendredi 23 janvier 2009

Le petit épargnant est-il moins important que l’investisseur?

Dans l’article « Les banques réduiront-elles leurs dividendes? », publié dans le quotidien La Presse le mercredi 21 janvier, le journaliste Michel Girard fait état d’une augmentation importante du dividende payé par les banques à leurs actionnaires, exprimé en pourcentage de la valeur de leurs actions. Dopé par la chute brutale des titres bancaires, le rendement moyen s’établit maintenant à 7,1 % alors qu’il n’était que d’environ 3 % entre 1996 et 2007. À la question posée dans le titre de son article, le journaliste donne une piste de réponse : « À l’exception de la Banque Nationale, aucune de la bande des six n’a réduit son dividende dans le passé en dépit des crises antérieures ».
Voici le rendement du dividende payé par les banques canadiennes en date du lundi 19 janvier à la fermeture, tel que rapporté par le journaliste :
  • Banque de Montréal, 8,8 %
  • Banque Scotia, 6,5 %
  • Banque CIBC, 7,4 %
  • Banque Nationale, 7,6 %
  • Banque Royale, 6,0 %
  • Banque TD, 5,7 %
Considérons maintenant le taux d’intérêt payé par ces mêmes banques au petit épargnant qui leur confie ses économies (taux vérifiés sur les sites Internet respectifs le vendredi 23 janvier 2009 avant 9h, pour un dépôt inférieur à 5 000 $) :
  • Banque de Montréal, 0,75 % (compte d’épargne à taux Avantageux)
  • Banque Scotia, 1,0 % (compte d’épargne Maître CompteMD)
  • Banque CIBC, 0,2 % [0,45 % pour les jeunes] (compte d’épargne Croissance supérieure)
  • Banque Nationale, 1,0 % (compte Épargne-projet)
  • Banque Royale, 2,5 % (compte Épargne @intérêt élevé)
  • Banque TD, 0,05 % (compte d’épargne à intérêt progressif)
Sous réserve d’une erreur ou d’une omission toujours possible de ma part, les taux cités ci-dessus sont les plus élevés que j’ai pu trouver. En outre, sur certains comptes, plusieurs banques et les maisons de courtage qui leur sont associées paient un taux aussi bas que 0,1 %, voire de 0 % si le solde est inférieur à 5 000 $. Considérant les taux d’intérêt élevés imposés sur les soldes à découvert des comptes de chèque et des cartes de crédit, je crois que l'on peut affirmer que certains de ces taux sont scandaleusement faibles.
Je crois également que la réponse à la question que je pose dans le titre de ma chronique est évidente : pour la plupart des banques opérant en territoire canadien, le petit épargnant est négligé au profit de l’investisseur. L’argent que leur prêtent les petits épargnants n’a pas une valeur moindre que celui de l’investisseur particulier ou institutionnel; les banques peuvent à leur tour l’investir ou le prêter et obtenir des rendements beaucoup plus élevés.
Si je me fie aux informations que j’ai trouvées sur Internet, la seule grande Banque canadienne qui traite sa clientèle avec un peu plus d’égards sur le plan des intérêts payés sur les comptes d’épargne est la Banque Royale. Trois autres banques étrangères opérant sur Internet au Canada et offrant les mêmes garanties que les banques canadiennes sur les dépôts de 100 000 $ et moins méritent d’être également mentionnées : la Banque ING, la Banque HSBC et la Banque American Express. Voici les taux d’intérêt payés par ces trois banques sans égard au solde du compte :
  • Banque ING 2,7 %
  • Banque HSBC 2,5 % (plus 1 % en prime jusqu’au 16 mars 2009 sur les nouveaux dépôts)
  • Banque American Express 2,3 %
Vous savez maintenant ce que vous avez à faire avec vos épargnes.
La cupidité qui a mené à la crise ne me semble pas avoir disparu du milieu financier; on recherche y toujours le profit élevé et rapide à court terme. Le secteur des produits financiers est une jungle peuplée de prédateurs; je comprends pourquoi les gens ne font plus confiance aux conseillers financiers et pourquoi plusieurs personnes m’envoient des courriels pour obtenir un avis impartial.
Une dernière remarque : les taux d’intérêt indiqués sont pour les comptes d’épargne seulement. Ceux consentis sur d’autres types de comptes, le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), le compte enregistré d’épargne retraite (REER) et le certificat de placement garanti (CPG) par exemple, sont différents de celui des comptes d’épargne. Je me pencherai sur ces questions dans de prochaines chroniques.

jeudi 15 janvier 2009

2009 : l’année de l’essentiel

Le lundi 12 janvier, j’ai commenté le sondage « Impact de la crise sur les Québécois », réalisé par Léger Marketing pour le Journal de Montréal et le Groupe TVA. Vous pouvez prendre connaissance de mes commentaires dans l'article « Les Québécois vont aller à l'essentiel » du journaliste Fabrice De Pierrebourg, publié dans le Journal de Montréal, et dans une entrevue télévisée à l'émission « Franchement Martineau » sur le réseau TVA-LCN.

mardi 6 janvier 2009

Pourquoi la crise n’est pas catastrophique

Lors de mon passage à l’émission « Christiane Charrette » le mardi 6 janvier 2009, l’un de mes premiers commentaires fut d’affirmer que la situation actuelle n’était pas catastrophique. Permettez-moi d’expliquer un peu cette prise position.

Ne nous le cachons pas, la crise actuelle est sérieuse; nos gouvernements devront prendre des actions en conséquence très rapidement, un point sur lequel je reviendrai un peu plus loin. Nous devrons tous également être réfléchis et responsables dans notre consommation.

Cependant s’il faut éviter de minimiser la crise, il ne faut pas non plus l’exagérer. La récession et la dépression ont tout autant des causes psychologiques qu’économiques; il serait irresponsable d’inquiéter encore davantage les Canadiens, quand déjà deux personnes sur trois sont pessimistes quant à leur avenir.

Or, en particulier au Canada, la crise n’est pas catastrophique, ni sur le plan financier, ni sur le plan économique.

Sur le plan financier, si la plupart des grandes entreprises ont vu fondre le cours de leur action en bourse, ceci n’affecte en rien la capacité de production de ces dernières, à la condition de pouvoir financer leurs projets de développement. À preuve, Bombardier Transport annonçait hier un contrat de 2,4 milliards avec la Deutsche Bahn, la société allemande des chemins de fer. C’est exactement là le genre d’activité commerciale favorable à l’économie canadienne, dont je parlais récemment dans la chronique « Le produit intérieur brut et la consommation ». Par ailleurs, même si plusieurs d’entre elles ont subi des pertes à cause du papier commercial fondé sur des hypothèques à risque, aucune des grandes banques canadiennes n’est en danger; elles sont toutes en excellente santé financière.

Sur le plan économique, la consommation ralentit, mais c’est à mon avis une bonne chose, car les économies des pays industrialisés ne peuvent plus dépendre de la consommation intérieure dans une aussi grande proportion (62 % au Canada et 71 % aux États-Unis en 2007). C’est également une bonne chose, parce que le niveau d’endettement est beaucoup trop élevé et celui de l’épargne quasi nul. Je ne préconise pas un arrêt brutal de la consommation; ce serait de toute façon utopique. Cependant, je crois que les gens devraient acheter d’une façon plus réfléchie, en fonction de leur capacité financière. Tant du côté du consommateur que de celui du producteur, on doit briser le cercle vicieux de l’escalade du luxe, sujet de mon dernier ouvrage « Consommation et luxe ».

Voici quelques stratégies que devraient adopter nos gouvernements pour résorber la crise :

  • Maintenir l’accessibilité au crédit, en particulier pour assurer le développement des entreprises.
  • Dans une moindre mesure maintenir également l’accessibilité au crédit, surtout pour la consommation de produits durables, pour les personnes dont le taux d’endettement n’est pas déjà trop élevé.
  • Générer de l’activité économique et créer de l’emploi à travers d’importants travaux d’infrastructure.
  • Encourager l’épargne par des programmes comme le CELI.
  • Favoriser le maintien d’un niveau de consommation correspondant à 50 à 55 % du produit intérieur brut, plutôt que le 62 % qu’elle représente actuellement au Canada.